La première chose à comprendre sur la météo d'Essaouira, c'est qu'elle ne ressemble pas à celle du Maroc qu'on imagine. Pas de canicule sèche à 45°C, pas de nuits étouffantes, pas non plus d'hivers vraiment froids. La ville est posée sur un bord de mer ouvert plein ouest, l'océan Atlantique la climatise toute l'année, et le vent — qu'on aime ou qu'on subit — vient le rappeler tous les après-midi d'été.
Résultat : Essaouira a un microclimat océanique unique au Maroc. Vingt degrés en juillet quand Marrakech en fait quarante. Quinze degrés en janvier quand l'Atlas est sous la neige. Les saisons existent, mais elles sont compressées. Décider quand venir, c'est surtout décider ce qu'on veut faire de ses journées.

La météo d'Essaouira en un mot
Tempérée. C'est le mot. Toujours. Tempérée veut dire qu'il fait rarement très chaud, rarement très froid, et que vous n'aurez presque jamais besoin de climatisation. Les températures moyennes annuelles tournent autour de 17–18°C. Les écarts entre l'été et l'hiver sont parmi les plus faibles du Maroc.
Concrètement : en juillet, la moyenne diurne tourne autour de 22°C en bord de mer. En janvier, autour de 16°C. La pluie tombe surtout entre novembre et février, mais reste modeste (environ 300 mm par an, contre 700 à Tanger). Le ciel est souvent dégagé, même en hiver, et l'humidité reste raisonnable grâce au vent.
Ce n'est donc jamais le mauvais moment pour venir. Mais c'est rarement le même séjour selon la saison.
Le vent — pas un détail, le centre du sujet
L'alizé, le fameux trade wind de l'Atlantique, est ce qui définit la météo d'Essaouira dix mois sur douze. Il vient du nord-est, il accélère l'après-midi, il se calme la nuit. On l'entend dans les drapeaux du port avant de le sentir sur la peau.
Voici l'ordre de grandeur, sans enrobage :
- Juin à septembre : vent quasi quotidien, 25 à 45 km/h en milieu d'après-midi, parfois plus en juillet-août. Les sportifs adorent. Les baigneurs se lèvent tôt.
- Octobre à mars : vent plus intermittent, journées calmes possibles. Quand le vent souffle, il peut être franc, mais il ne dure pas trois jours d'affilée.
- Avril, mai : transition. Souvent calme le matin, vent modéré l'après-midi. C'est la combinaison la plus confortable de l'année.
Le vent n'est pas une mauvaise surprise quand on le sait à l'avance. Il rafraîchit, il chasse les moustiques, il fait voler les kites. Ce qu'il fait moins bien : laisser un livre ouvert sur une table de café, ou permettre une sieste face à la mer à 16h en plein juillet (le sable arrive horizontalement). Le bon réflexe est de calquer ses journées sur lui : matinée à la plage, sieste à l'intérieur, sortie en fin d'après-midi quand il commence à mollir.

Saison par saison : ce qui change vraiment
Avril, mai, début juin — la fenêtre dorée
Si on devait choisir une période sans connaître personne, ce serait celle-là. Les températures sont parfaites (18–24°C l'après-midi), le vent reste raisonnable, les fleurs sont sorties dans la campagne autour de la ville, les arganiers sont en feuilles. La médina est animée mais pas saturée. Les restaurants prennent le temps de discuter. C'est la saison où les gens reviennent par hasard et finissent par y rester deux semaines.
La fin juin est marquée par le Festival Gnaoua et Musiques du Monde, sur quatre jours autour du solstice. La ville change d'échelle pendant le festival — beaucoup de monde, musique partout, plus de réservations possibles à la dernière minute. C'est intense, et magnifique pour qui aime la musique. Pour qui cherche le calme, mieux vaut viser la semaine d'avant ou d'après.
Juillet, août — l'été des Européens et des Marocains
C'est la haute saison. La plage centrale est pleine le matin, les terrasses des cafés débordent, les locations doublent de prix par rapport à mai. La ville est animée, internationale, joyeuse. C'est aussi le moment où le vent est le plus présent : 30 à 45 km/h presque chaque après-midi, parfois plus.
Pour quoi c'est bien : nager le matin (l'eau reste fraîche, 18–20°C — l'Atlantique n'est jamais chaud ici), kitesurf et windsurf l'après-midi, soirées tièdes en ville. Pour quoi c'est moins bien : si vous cherchez à bronzer immobile sur une serviette, choisissez Agadir, pas Essaouira. Le vent décide.
Septembre, octobre — la vraie meilleure période pour beaucoup
Septembre est probablement le mois préféré des habitués. La foule des vacances scolaires est repartie, les températures restent autour de 24–26°C, l'eau est à son maximum (20–21°C), et le vent commence à se calmer en fin de mois. Octobre prolonge cette tranquillité avec une lumière particulière, dorée, latérale, qui rend la ville photogénique à toutes les heures. C'est notre saison à nous.
Novembre, décembre, janvier, février — l'hiver doux
Ce sont les mois les plus calmes. Températures entre 10°C (nuit) et 18°C (jour), pluies épisodiques mais pas continues, lumière souvent magnifique entre deux averses. C'est la période des séjours de travail, d'écriture, de groupes qui louent une villa entière pour une semaine. Les soirées demandent un pull, parfois une cheminée. La villa de la forêt a la sienne (et le bois est fourni), c'est sans doute son meilleur moment.
Honnêtement, l'hiver est aussi le moment où la lumière est la plus belle. Le soleil bas l'allonge sur les murs blancs et bleus, les ombres dessinent les ruelles, l'absence de touristes rend la médina entière disponible. Si on cherche un séjour contemplatif, c'est ici, en janvier.
Mars — la transition
Mois charnière, parfois superbe, parfois capricieux. La fin du mois bascule clairement dans le printemps. C'est le moment où les hôtes locaux rouvrent ce qui était fermé en hiver, où la végétation reprend, où le port reprend du rythme.
Quoi faire à quelle saison
Plutôt que de choisir un mois parfait dans l'absolu, il vaut mieux partir de ce qu'on veut faire :
- Plage et baignade tranquille : mai et septembre. Eau acceptable, vent gérable.
- Kitesurf, windsurf, surf en kite : juin à septembre, sans hésiter. C'est l'un des meilleurs spots au monde pour ça.
- Médina, photo, marche dans la ville : avril-mai, octobre-novembre, ou même janvier. Évitez l'été à 14h, la médina cuit moins qu'à Marrakech mais reste dense.
- Padel, tennis, sport en extérieur : matins toute l'année, après-midi en avril-mai et octobre quand le vent est raisonnable. Voir notre article sur le padel à Essaouira pour le détail.
- Mariage ou événement : fin avril à début juin, ou septembre. Les autres mois sont jouables, mais le vent peut être un problème pour une cérémonie en extérieur.
- Vacances famille avec enfants : printemps ou début automne. L'été est faisable mais demande de s'organiser autour du vent (voir l'article famille).
Le verdict du propriétaire
Si quelqu'un nous demande « Quand viendrais-tu, toi ? », la réponse est presque toujours la même : fin mai, début juin, ou la deuxième moitié de septembre. Météo idéale, ville encore vivante, prix raisonnables, vent négociable. Le reste de l'année est superbe pour des choses précises (le kitesurf en été, la lumière en hiver, le festival en juin), mais cette fenêtre-là rassemble tout.
Cela dit, il n'y a pas de mauvais moment. Janvier sous un ciel vif, avec une cheminée le soir et une médina vide à 7h du matin, peut être l'un des plus beaux séjours qu'on fasse à Essaouira. C'est juste un autre séjour.
Ce qu'on déconseille vraiment, c'est de venir un jour. Essaouira ne donne rien en vingt-quatre heures. Trois nuits est le minimum vital. Une semaine est ce qu'il faut pour que la ville commence à se laisser approcher.