Le littoral autour d'Essaouira est l'un des plus longs et des plus variés du Maroc. On trouve, en moins de quarante kilomètres, des plages urbaines surveillées, des plages de surfeurs sans une seule maison, des ruines dans des dunes, et l'un des spots de windsurf les plus connus au monde. Chacune a sa logique. Connaître les bonnes pour les bonnes choses change radicalement la qualité d'un séjour.

Ce qui suit n'est pas un top dix générique. C'est cinq plages qu'on fréquente régulièrement, du nord au sud, avec ce qu'on y fait et ce qu'il faut savoir avant d'y aller.

Plage de Sidi Kaouki au sud d'Essaouira, surfeur au loin
Sidi Kaouki en fin d'après-midi. Vingt-sept kilomètres au sud d'Essaouira. Personne, ou presque.

1. La plage centrale d'Essaouira

C'est la plage qu'on voit dès qu'on sort de la médina. Elle s'étend sur plusieurs kilomètres vers le sud, accessible à pied depuis n'importe quel point de la ville. Large, plate, sablonneuse, surveillée en juillet-août sur sa partie nord. C'est aussi la plus animée — joueurs de foot, balades à dos d'âne, vendeurs ambulants, cours de surf collectifs pour débutants.

Pour qui c'est bien : un séjour court où on ne veut pas perdre de temps en transport. Familles avec enfants qui veulent rester proche du logement. Premiers matins en arrivant, pour prendre les repères de la ville. Footing du matin (la plage à 7h est l'un des moments les plus beaux d'Essaouira).

Pour quoi c'est moins bien : tranquillité absolue ou baignade calme à toute heure. L'après-midi en été, le vent emporte tout. Et la concentration humaine reste forte en juillet-août, surtout entre la kasbah et le premier kilomètre vers le sud.

2. Diabat — à dix minutes au sud

Diabat est un petit village balnéaire à 7 km au sud d'Essaouira, accessible par une route directe ou par la plage à marée basse (compter 1h30 de marche, faisable mais long). Sa plage est nettement plus vaste et plus calme que celle du centre. Elle est dominée par les ruines d'un palais sultanien du 18e siècle, le Borj el-Berod, posé sur les dunes face à l'océan. C'est l'un des paysages les plus photographiés de la région.

Le palais a été en partie enseveli par le sable au fil des décennies. Il en reste suffisamment pour qu'on puisse le contourner et y entrer. La légende locale veut que Jimi Hendrix ait été inspiré par ce lieu en 1969 (il a effectivement passé quelques jours à Diabat et Essaouira cette année-là, le reste relève du folklore poli).

Pour qui c'est bien : balade en fin de matinée ou en fin d'après-midi, marche dans les dunes, photo, picnic. Les enfants adorent les ruines. La plage elle-même est belle mais le vent y est aussi présent qu'à Essaouira.

Comment y aller : 15 minutes en voiture, ou en grand taxi collectif depuis Essaouira (50 MAD environ pour le taxi entier, partageable).

3. Sidi Kaouki — l'autre planète

À 27 kilomètres au sud d'Essaouira, Sidi Kaouki est une plage immense, sauvage et presque vide, en bordure d'un tout petit village de quelques maisons et deux ou trois cafés. C'est l'endroit où les habitants d'Essaouira viennent quand ils veulent vraiment respirer.

Le paysage : une falaise basse qui descend en pente douce sur une plage qui s'étend à perte de vue vers le sud. Pas de constructions au-delà du village. Pas de musique. Pas de vendeurs. Juste le sable, l'océan, le vent et un marabout blanc isolé sur un promontoire (le sanctuaire de Sidi Kaouki qui donne son nom au lieu).

Pour qui c'est bien : surfeurs (les vagues sont longues et régulières, niveau intermédiaire à confirmé), longues marches méditatives, journée loin de la ville, balade en quad ou à cheval. Plusieurs écoles de surf y opèrent, dont Magic Fun et Kaouki Beach Surf School. Compter 250–350 MAD pour un cours collectif de 2h, planche et combinaison incluses.

Côté restauration : deux cafés simples sur le front de mer servent tajines, salades, poisson grillé. Rien de gastronomique, mais l'ambiance est exactement à sa place. Vue imprenable sur l'océan, surtout au coucher de soleil.

Comment y aller : 30 minutes en voiture par la route de la côte (route bitumée toute neuve). En taxi privé, compter 250 MAD aller-retour avec attente. Très peu de transports collectifs réguliers. Bonne idée si vous logez à Thuya House qui est sur la même route, à mi-chemin entre Essaouira et Sidi Kaouki.

4. Moulay Bouzerktoun — le windsurf de niveau mondial

À 30 kilomètres au nord d'Essaouira (direction Safi), Moulay Bouzerktoun est un autre monde. C'est l'un des spots les plus réputés au monde pour le windsurf et le wave surfing. Vents quasi quotidiens à 25-40 km/h en été, vagues de 2 à 6 mètres l'hiver, point de break réputé pour sa puissance et sa régularité.

Le village est minuscule. Quelques restaurants, deux ou trois pensions, une petite école de windsurf qui loue du matériel. Les windsurfeurs et kitesurfeurs internationaux y posent leur sac pour deux ou trois semaines en haute saison.

Pour qui c'est bien : passionnés de windsurf, photographes (la lumière sur les rochers est exceptionnelle), curieux qui veulent voir un spot mythique. Les non-pratiquants peuvent passer une demi-journée à regarder, manger un poisson grillé, et rentrer. Ce n'est pas une plage de baignade : la côte est rocheuse, dangereuse pour les non-initiés, et c'est ce qui fait sa qualité pour les vagues.

Comment y aller : 35-40 minutes en voiture depuis Essaouira par la route côtière nord. Pas de transports en commun. Une excursion à la journée est la bonne formule.

Dunes et ruines du palais à Diabat près d'Essaouira
Les ruines du Borj el-Berod à Diabat, vues depuis la dune. Un palais en partie avalé par le sable.

5. Cap Sim — la plage sans route

Entre Diabat et Sidi Kaouki, le Cap Sim est une plage sauvage qu'on ne trouve sur aucun GPS. Pas de route directe : il faut soit marcher depuis Diabat (1h aller, le long de la côte, balade superbe à marée basse) soit prendre une piste 4x4 difficile depuis l'arrière-pays. Le résultat est une plage quasiment vierge, parfois habitée par quelques surfeurs qui plantent leurs tentes une nuit ou deux.

Le cap lui-même est un promontoire rocheux où s'installent des goélands et parfois des phoques moines (très rares, ne comptez pas dessus). La marche depuis Diabat traverse des dunes mouvantes, c'est l'une des plus belles randonnées courtes de la région. Compter de bonnes chaussures et de l'eau, il fait souvent plus chaud qu'on ne croit dans les dunes.

Pour qui c'est bien : marcheurs, photographes, gens qui veulent une plage à eux pour une journée. Pas pour les familles avec petits enfants (pas d'ombre, pas de service), ni pour les baigneurs (courants et rochers à l'extrémité du cap).

Plages enfants : lesquelles privilégier ?

Pour les familles avec petits enfants, la hiérarchie est claire :

  • Plage centrale d'Essaouira, partie nord surveillée, le matin. Le standard.
  • Diabat, l'après-midi sur la plage côté ruines, moins venteuse certains jours.
  • Sidi Kaouki les jours sans vent (vérifier la météo). Belle expérience d'espace pour les enfants.

Plus de détails sur les vacances avec enfants à Essaouira dans notre article famille.

Quand y aller selon les plages

Le vent est le critère décisif. Comme dans notre guide saisonnier, le calme relatif s'installe entre fin septembre et début juin, avec des fenêtres parfaites au printemps et en début d'automne. L'été est superbe pour le sport (surf, windsurf, kitesurf) mais difficile pour la baignade tranquille.

Quelques règles simples :

  • Pour la baignade calme : matin, toute saison.
  • Pour le surf / windsurf : été à Moulay et Sidi Kaouki.
  • Pour la marche et la photo : printemps et automne, fin de journée pour la lumière.
  • Pour un picnic en famille : Diabat ou la partie sud de la plage d'Essaouira, hors vent.

Une dernière chose. La marée a son importance ici. À marée basse, l'estran découvre énormément de sable, on peut marcher entre les plages, on trouve des coquillages, des étoiles de mer, et les enfants jouent dans les flaques résiduelles. À marée haute, on est repoussé contre la dune ou la promenade. Consulter les horaires de marée la veille, ça fait gagner une heure ou deux d'activité.